Avant d’aborder le traitement de la dépendance aux opiacés et aux opioïdes, il convient de clarifier ces deux termes très proches. Les opiacés, comme la morphine et la codéine, sont d’origine naturelle et sont extraits du pavot à opium, tandis que le terme « opioïde » désigne des substances soit partiellement synthétiques (p. ex. l’héroïne ou l’oxycodone), soit entièrement synthétiques (p. ex. la méthadone et le fentanyl). Par commodité, et parce qu’ils agissent essentiellement de la même manière dans leur interaction avec les récepteurs du cerveau, le terme « opioïde » est désormais privilégié pour parler des trois catégories. Cela ne signifie pas pour autant que l’équipe soignante ne sera pas pleinement consciente de leurs différences, telles que leur puissance relative, et n’y répondra pas en conséquence.

Il existe une autre distinction dont il faut avoir conscience : celle entre addiction et dépendance. (Bien que, dans la littérature scientifique et clinique, ces deux termes aient été supplantés par la catégorie diagnostique de trouble lié à l’usage de substances, avec des degrés léger, modéré ou sévère.)
La dépendance se caractérise par le degré de tolérance physique (la quantité croissante nécessaire pour obtenir l’effet recherché) et par le syndrome de sevrage qui en résulte lorsque la substance n’est pas prise.
L’addiction ajoute à la dépendance physique une dimension psychologique et comportementale, avec une compulsion apparemment incontrôlable à continuer d’obtenir et de consommer la substance malgré de nombreuses conséquences néfastes sur la santé et la vie sociale.
La manière la plus simple de comprendre la différence est qu’il est possible d’être dépendant sans être addict. En revanche, l’addiction aux opioïdes inclut inévitablement une dépendance. Dans de nombreux cas, une fois la dépendance aux opioïdes installée, l’addiction peut suivre de près. Un traitement efficace tient compte des caractéristiques de ces deux états.
On a tendance à supposer que toute addiction aux opioïdes est associée à des activités illégales. Toutefois, il est important de se rappeler qu’elle peut trouver son origine dans un traitement légitime de la douleur. De nombreuses personnes à qui l’on prescrit des opioïdes pour soulager la douleur se découvrent, par ailleurs, impressionnées par la capacité du médicament à réduire l’anxiété et même à procurer une sensation d’euphorie. Cela peut déclencher une forte envie de renouveler l’expérience et introduire des comportements associés à l’addiction, dont certains illégaux.
S’agissant en particulier du traitement de la dépendance aux opiacés et aux opioïdes, il existe des interventions parfaitement appropriées dont l’objectif se limite à la réduction des risques. Cela passe par une régulation médicale de l’addiction via une substitution médicamenteuse, afin, en quelque sorte, de la maîtriser. Ce type de traitement est souvent administré en ambulatoire.
Ce que l’on appelle aujourd’hui le traitement assisté par médicaments du trouble lié à l’usage d’opioïdes (encore souvent désigné, dans le langage courant, comme une addiction) présente plusieurs bénéfices, notamment une diminution globale de la consommation d’opioïdes, une réduction du risque de décès par surdose d’opioïdes et du risque de transmission de maladies infectieuses telles que le VIH et l’hépatite. C’est une façon de mettre fin au risque élevé lié à l’usage de seringues. Parmi les autres bénéfices figurent une amélioration du fonctionnement social et une meilleure adhésion au traitement. Il implique généralement une période de traitement prolongée, parfois indéfinie.
À l’inverse, une personne qui sollicite une admission dans un service de traitement résidentiel de luxe des troubles liés à l’usage de substances, tel que Clinic Les Alpes, cherche généralement à se libérer de l’addiction aux opioïdes le plus rapidement possible ; autrement dit, à devenir abstinente dans une démarche de rétablissement. Bien que l’équipe médicale ait recueilli autant d’informations que possible avant l’admission, elle réévaluera immédiatement et de manière approfondie la personne à son arrivée. Quelles substances sont consommées, seules ou en association ? Si une prescription a été impliquée à un moment donné, pour quel motif ? Existe-t-il des problèmes de santé physique ou mentale, actuels ou antérieurs, susceptibles de compliquer la situation ? Dans quel état de dénutrition se trouve la personne ? Comment dort-elle ?
Compte tenu de la probabilité d’un sevrage imminent aux opioïdes et à d’autres substances présentes dans l’organisme, la priorité immédiate est de procéder à une détoxification afin de gérer ce sevrage. Sans être un processus potentiellement mortel, comme dans le cas d’une dépendance à l’alcool ou aux benzodiazépines, le sevrage aux opioïdes peut s’avérer très inconfortable et est parfois comparé à une forte grippe.
Divers symptômes de sevrage peuvent survenir, notamment des variations de la tension artérielle, des crampes, des nausées, des contractions musculaires, des frissons et des sueurs, ainsi qu’une anxiété accrue, de l’irritabilité et une humeur dépressive. L’objectif principal de l’équipe médicale est d’assurer la sécurité et le confort du patient, en tentant d’atténuer ces symptômes par des médicaments et d’autres interventions non médicamenteuses. Cela contribuera à maintenir la motivation à poursuivre. Comme dans le traitement assisté par médicaments, l’équipe médicale peut substituer une autre forme d’opioïde à celle prise au moment de l’admission, puis réduire progressivement la dose aussi rapidement que possible. Parfois, des médicaments non opioïdes, tels que des traitements contre l’hypertension, sont prescrits en association.
Pour soutenir le processus de détoxification, le patient sera encouragé à prendre régulièrement des repas nutritifs, à boire davantage d’eau, à pratiquer une activité physique douce, à participer à des exercices de relaxation et à trouver des moyens positifs de se distraire de la préoccupation liée aux symptômes de sevrage ou aux envies d’opioïdes. Lorsque la douleur a joué un rôle dans l’apparition de l’addiction, l’intervention d’un spécialiste de la prise en charge de la douleur peut être nécessaire.
Relever le défi du sevrage d’une addiction aux opioïdes, parfois développée sur de nombreuses années, est plus aisément réalisable lorsque les interventions médicales s’intègrent à un objectif de rétablissement plus large, au sein d’un environnement globalement soutenant, tel que celui d’un centre de réadaptation de luxe comme Clinic Les Alpes.
Il est admis que, à elle seule, la détoxification joue un rôle nécessaire mais insuffisant dans l’instauration du rétablissement. C’est pourquoi l’engagement dans des thérapies non médicamenteuses est encouragé dès que possible, y compris pendant la détoxification si cela est jugé médicalement sûr. L’absence de la substance fera émerger des émotions longtemps tenues à distance, ainsi que celles générées par l’addiction.

La participation à des séances de suivi individuel ou à des groupes de soutien jouera un rôle important pour donner du sens à ces ressentis, mieux comprendre ses vulnérabilités personnelles et élaborer des stratégies afin de maintenir un engagement solide dans le rétablissement. La sécurité et l’attention offertes par le centre de traitement constituent une occasion d’essayer et de pratiquer de nouvelles façons de se comporter, d’entrer en relation et de gérer ses émotions, en cohérence avec le rétablissement. Il sera essentiel d’identifier les points de stress potentiels et de gérer la réponse émotionnelle qu’ils suscitent.
Compte tenu de sa contribution positive aux résultats, l’implication et le soutien de la famille sont des composantes essentielles du traitement de l’addiction aux opioïdes. Les proches auront inévitablement besoin d’aide pour mieux comprendre l’addiction et son impact, afin de pouvoir apporter davantage de soutien ou, si nécessaire, prendre du recul. Ils auront également besoin de soutien pour eux-mêmes, car il est fréquent qu’ils aient négligé leurs propres besoins, en se focalisant de manière codépendante sur l’addiction de leur proche.
Le rétablissement d’une addiction aux opioïdes ou d’un trouble lié à l’usage de substances n’est pas facile. L’essentiel est que la personne s’entoure de manière constante du soutien approprié et l’utilise, tout en mettant en pratique au quotidien des comportements favorables au rétablissement. Même si le parcours comporte probablement des difficultés, les chances d’obtenir une rémission durable sont bonnes